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Le rôle de la famille dépasse la question spirituelle ; le rôle de l’Église va plus loin sur le plan spirituel

  • Published: Tuesday, 24 November 2015 09:07
  • Written by PM-Team
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La famille prépare les enfants à l’autonomie et la vie d’adulte, elle leur apprend les règles de la vie en société. L’Église n’est pas là pour apprendre, par exemple, la politesse aux enfants ; en tout cas, ce n’est pas son rôle principal ! En matière de foi, la conception qu’avaient les Réformateurs du rôle de la famille mérite mention : la famille était une « petite Église », un « sanctuaire »(1)

Ces expressions sont fortes. Il faut dire qu’on est dans un contexte où la foi réformée doit absolument s’enraciner, passer aux générations suivantes, et qu’il faut « mettre le paquet » : dans l’Église et dans la famille ; pour l’Église, c’est le culte, le langage compréhensible, la Bible en langue du peuple, les cantiques qui enseignent les doctrines de la Réforme ; pour la famille, c’est l’idée de « sanctuaire » et de « petite Église » ; on va reproduire dans la famille ce qu’on fait dans l’Église, avec la même intention. Le culte familial jouera certainement aussi un rôle important dans le protestantisme du désert, lorsque le collectif sera beaucoup plus difficile à vivre…

Mais évidemment, aujourd’hui, le culte familial n’occupe plus la même place dans les familles chrétiennes. Elles ne sont pas si nombreuses que cela, aujourd’hui, les familles chrétiennes qui pratiquent, sous une forme ou une autre, un culte de famille. Est-ce que l’Église d’aujourd’hui a alors pour rôle de pallier les lacunes de la famille ? Peut-être. C’est même bien possible ! Comme l’école qui doit apprendre aux enfants à dire bonjour et merci alors que ce n’est pas son rôle…

Mais au-delà de cet éventuel rôle de l’Église de remédier aux lacunes des familles, on peut définir des rôles positifs pour les deux instances : Église et famille.

1re proposition : l’une doit pouvoir s’appuyer sur l’autre. 

Pour donner un ou deux exemples, ce qui est dit pendant le culte ou à l’école du dimanche peut servir d’amorce à des discussions familiales. Après le culte, avec un enfant, et même un adolescent, parler de la prédication peut faire le lien entre famille et Église. Les moniteurs et monitrices d’école du dimanche apprécient généralement que les parents demandent à leurs enfants plus jeunes ce qu’ils ont fait pendant la séance du jour. 

Sur un autre sujet, celui des connaissances bibliques, on pourrait faire cette suggestion : la famille peut être le lieu de la lecture de la Bible simple, par petites touches, régulière ; l’Église peut être le lieu de la synthèse théologique et de l’exégèse approfondie. 

La synthèse théologique, c’est le rôle du catéchisme, à partir d’un certain âge des enfants. L’on y met les pièces du puzzle à leur place ; les enfants, quand ils arrivent à un certain âge, à peu près au collège, ont acquis déjà pas mal de données bibliques, mais sans organisation trop précise ; le catéchisme ou l’école du dimanche peut être le temps de la synthèse, où l’on situe les données les unes par rapport aux autres, où on les aborde de façon thématique, bref le temps où l’on « fait de la théologie ». 

Et puis l’exégèse approfondie (plus ou moins), c’est le rôle par exemple de la prédication, à partir du moment où les jeunes assistent au culte : la prédication est supposée aller au-delà de la lecture biblique simple, instinctive, pour montrer la richesse du texte. Elle peut s’appuyer sur la lecture simple, mais elle la dépasse.

Donc deux rôles, de l’Église et de la famille, qui peuvent s’appuyer l’un sur l’autre, bénéficier l’un de l’autre, pour le bien des enfants.

2e proposition : l’Église va plus loin que la famille sur un bon nombre de points liés à la foi.

L’Église peut apprendre aux enfants des choses qu’ils n’apprendront pas dans la famille, parce que la famille n’est composée que de quelques personnes, liées par les liens du sang (ou équivalents), et parce qu’il n’y a pas dans la famille les ministères que le Seigneur a donnés à l’Église pour son édification. Si la famille est une excellente école de « vivre ensemble », assez proche de l’Église dans sa configuration, elle est aussi un lieu d’apprentissage restreint. La foi nécessite un apprentissage plus large que la famille humaine, aussi consacrée soit-elle.

Au niveau des relations fraternelles, ce qui est vécu dans l’Église va plus loin que ce qui peut être vécu dans la famille, même s’il y a de grandes familles ! Ou des familles ouvertes, qui accueillent beaucoup et qui ont une dimension très large. La notion de différence est certes présente dans la famille, mais pas au point où elle l’est dans l’Église : la fameuse division biblique entre Juifs et non-Juifs, c’est une division de l’Église, ce n’est pas une division de la famille, sauf exception. Apprendre à vivre ensemble entre Juifs et non-Juifs, pour les chrétiens du Nouveau Testament, c’était dans l’Église que c’était possible, et non dans la famille. Vivre aujourd’hui des relations fraternelles transculturelles, par exemple, ça peut s’apprendre dans la famille, certes, car il y a des liens transculturels, des mariages transculturels, etc. Mais c’est surtout dans l’Église que cela s’apprend. De même, l’Église est le contexte dans lequel peuvent apprendre à vivre ensemble des personnes handicapées et des personnes qui n’ont pas le même handicap (l’école permet aussi cette démarche), des personnes qui ont des expressions de foi très différentes, etc.

Au niveau de l’instruction biblique, l’Église bénéficie des ministères : ministères d’enseignement en particulier, pour adultes et pour enfants et jeunes, on peut l’espérer ; mais dans la famille, s’il y a enseignement, chacun fait comme il peut !

La notion de service peut être assez bien répartie entre la famille et l’Église. À coup sûr, dans la famille, on peut acquérir l’esprit de service, qu’on pourra ensuite mettre en œuvre dans l’Église. Mais là encore, l’Église permet d’aller plus loin, en donnant des lieux de service qui n’existent pas dans la famille, en prêchant le service sacrificiel, c’est-à-dire sans retour ; alors que dans la famille on essaiera plutôt de mettre en œuvre un service réciproque équilibré.

Bref, l’Église va plus loin dans la formation chrétienne qu’elle propose, permettant aux enfants d’entendre et de vivre des choses qu’ils ne pourraient pas vivre au seul sein de la famille. C’est dans la vie de l’Église que les enfants trouveront le plus grand champ d’apprentissage de l’Évangile et d’expérimentation de ce qu’ils perçoivent de l’Évangile.

3e proposition : l’Église est le lieu où retentit l’Évangile.

Ce troisième élément est à prendre particulièrement en compte, car il marque une différence importante : l’Église est le lieu que Dieu a choisi pour y faire retentir l’Évangile. Cela rejoint la question de la conversion - savoir si on doit évangéliser les enfants de l’Église ou les instruire. Certes, lorsqu’un enfant de famille chrétienne se fait baptiser et témoigne de son engagement chrétien, on peut espérer que cet engagement est pour lui le fruit partiel d’une éducation, qu’il est l’appropriation personnelle d’une éducation familiale. Mais la foi a besoin, pour se construire et s’engager, d’un énoncé de l’Évangile tel qu’on ne peut pas l’entendre dans la famille. Pour le dire en une phrase, la famille n’est pas le lieu de la proclamation de l’Évangile. L’Église se constitue par la proclamation de l’Évangile ; mais pas la famille. La famille fonctionne sur un autre mode ; elle peut même fonctionner sans l’Évangile. 

La communauté chrétienne, l’Église, fournit aux enfants et l’annonce de l’Évangile et les modèles d’engagement qui lui permettront d’y répondre. Si l’enfant d’une famille chrétienne se fait baptiser, ce n’est certainement pas sans rapport avec son éducation, on peut l’espérer, au moins dans la plupart des cas. Mais c’est souvent l’Église qui lui a permis de saisir la force de l’engagement chrétien et de comprendre quelle forme cet engagement pouvait prendre pour lui. 

L’Église a ce rôle d’altérité que ne peut pas avoir la famille. D’ailleurs, d’un point de vue plus généralement éducatif, les enfants ont besoin, à certaines phases de leur développement, de se trouver face à d’autres personnes que leurs proches ; et ça vaut certainement aussi au niveau de l’engagement chrétien : l’Église est cette « autre » qui peut permettre à l’enfant de grandir dans la foi(2)

Mais il faut aller jusqu’au bout du raisonnement et dire que l’engagement chrétien, c’est se demander, comme le fait Jésus : « Qui est ma mère ? Qui sont mes frères ? » (Mt 10.48). Devenir disciple de Jésus, c’est se poser cette question ; et c’est une question dont la réponse nécessite l’Église. 

En disant cela, on commence à répondre à la question de savoir s’il faut évangéliser les enfants de l’Église ou les instruire ; la réponse semble aller plutôt dans le sens de l’évangélisation ; mais ce n’est pas tout à fait terminé : en fait, la réponse va pour l’instant plutôt dans le sens d’une annonce de l’Évangile et de ses implications, d’une invitation à l’engagement et au service. Donc de quelque chose d’assez large. Mais on va y revenir.

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